Couverture alternative : l’exemple d’« Un monde sans rivage »

Couverture alternative : l’exemple d’« Un monde sans rivage »

Un projet qui n'a jamais vraiment disparu

Voilà quatre ans, je lançais mes couvertures alternatives. Le projet a dormi un moment, mais il n'a jamais vraiment quitté ma tête.

Parce que les livres appellent leurs lecteurs.

Une couverture, c'est un contrat : entre l'auteur, l'éditeur et vous, le lecteur. Et parfois, ce contrat se trompe de mots.

Une couverture ne doit pas expliquer le livre. Elle doit appeler à le lire avec cœur.

Un monde sans rivage, d'Hélène Gaudy

Trois hommes. Un ballon. La banquise qui les attend. Vous suivrez chaque pas sur la glace, chaque espoir qui meurt, chaque image qui devient trace, puis rien. Quelqu'un qui attend leur retour, là-bas. Et la banquise qui finit par avaler le silence.

En 1897, trois explorateurs suédois décollent en ballon pour conquérir le pôle Nord : c'est l'expédition polaire Andrée. Peu préparés, ballottés par un paysage qui les engloutit, ils s'enfoncent dans une errance sur la banquise, la faim, le froid absurde, l'ambition qui s'étiole jour après jour. Et puis le silence.

Trente-trois ans de silence. En 1930, une fonte des glaces révèle leurs corps. On retrouve des photographies en noir et blanc, des fragments de journal. Des traces.

Dans Un monde sans rivage, publié chez Actes Sud, Hélène Gaudy rassemble ces traces et construit un récit poétique de leur effacement progressif : comment trois hommes gonflés d'espoir se sont peu à peu dissous dans le blanc glacial.

Le contre-pied

La couverture originale de l'édition joue l'épure : glaciale, austère, l'accident au milieu de nulle part.

Ma version prend le contre-pied. C'est le principe !

Une couverture graphique et colorée, qui exprime l'énergie des trois hommes qui partent conquérir plutôt que le silence qui les attend. La typographie se démultiplie et crée une tension : l'écho givré du Svalbard, l'aventure et son engloutissement, dans la même image.

Voir la couverture

Deux lectures possibles d'un même livre : celle du silence, ou celle du départ. Les deux sont vraies. C'est tout l'enjeu d'une couverture : choisir celle qui appellera le lecteur.

Cerise sur le gâteau

Ce genre d'exercice, je pourrais en faire toute la journée.

Prendre un livre que j'aime, imaginer la couverture qui lui manque, chercher l'angle que personne n'a encore montré.

C'est exactement ce que je fais pour mes clients, avec leurs propres livres.

Claire, La Louve des Bois.

Quark, InDesign, Affinity : la vraie question n’est pas le logiciel

Quark, InDesign, Affinity : la vraie question n’est pas le logiciel

En 1995, Quark XPress régnait sur 95% du marché

Monopolistique. Cher. Et tellement sûr de lui qu'il a arrêté d'écouter.

En moins de dix ans, Quark est passé de 95% à 25% de parts de marché. Pas à cause d'un logiciel meilleur techniquement, à cause d'un coup de génie commercial.

2003 : Adobe change les règles du jeu

InDesign, bundlé avec Photoshop et Illustrator, pour moins cher que Quark seul. Les maquettistes ont compris d'un coup ce que ça changeait : corriger une image, créer un logo vectoriel et mettre en page un livre, dans un seul écosystème. Plus de trajet infernal entre trois logiciels qui ne se parlent pas. Un vrai flux de travail.

Ce n'était pas juste une question de prix. C'était la fin d'un cauchemar de compatibilité que tous les maquettistes de l'époque ont connu.

Aujourd'hui, Affinity recommence le même coup

Des produits solides, des prix justes, pas d'abonnement mensuel qui saigne le compte en banque chaque mois. Les éditeurs et les indépendants regardent, et beaucoup commencent à tester — surtout ceux qui, comme moi, n'aiment pas payer indéfiniment pour un outil.

Je maîtrise les trois logiciels

Je suis curieuse, j'aime tester, comparer, comprendre pourquoi un outil prend le dessus sur un autre.

Quark ne m'a jamais vraiment séduite : un peu trop laborieux, un peu trop rigide.

Adobe a apporté la fluidité qui manquait, pour travailler mieux et plus vite.

Affinity a repris cette fluidité en y ajoutant du confort et sans abonnement, ça n'a clairement pas de prix.

Mais pour un éditeur, la vraie question n'est pas technologique

Elle est ailleurs : qu'est-ce que ce logiciel me permet de faire avec le papier et le texte ?

Un bon maquettiste voit au-delà des interfaces. Il voit l'espace blanc. Il sait où laisser respirer une page. Il comprend que deux millimètres de plus entre deux lignes changent toute la lecture. Il sait que certaines typographies font fuir les yeux, et que d'autres les retiennent.

Ce n'est pas XPress, InDesign ou Affinity qui sait tout ça. C'est le regard derrière l'outil.

L'outil change d'une décennie à l'autre. La compétence, elle, grandit.

Cerise sur le gâteau

Que votre manuscrit finisse en InDesign ou en Affinity Publisher, ça ne change rien à l'essentiel : une maquette qui aide à la lecture, qui respire au bon endroit, et qui donne envie de tourner la page suivante.

Parlons de la mise en page de votre livre.

Claire, La Louve des Bois.