Histoire de ma reconversion
Ma reconversion, on me demande souvent comment ça s'est passé.
Alors autant vous raconter ici.
Ça impressionne souvent quand j'annonce que j'ai un doctorat en chimie de surface des matériaux. Pourtant, il n'y a pas de quoi : tout s'apprend, tout se gagne avec les bons efforts.
Pendant des années, mon quotidien c'était des équations, des métaux lourds et le tableau périodique des éléments de Mendeleiev. Un premier travail salué par l'industrie qui m'employait : produire un schéma de modélisation des données, avec une minutie qui frisait l'obsession, pour fournir à l'usine de fabrication un outil permettant d'obtenir un métal de surface quasi impeccable. La moindre des choses pour du métal destiné aux boîtes alimentaires.
Le zéro défaut. Une vraie quête, à l'époque.
Puis en 2007, changement de cap : je rejoins le groupe Atlantic comme responsable technique du SAV. Développement de la satisfaction client, bilans mensuels, projets qualité-marketing. Et là, sans le chercher, je me fais mordre par le marketing : plus précisément par tout ce qui touche à l'optimisation du parcours client.
Fidéliser coûte souvent moins cher que conquérir, vous le savez sûrement déjà.
Mais je me suis trop investie. Beaucoup trop. Une vie professionnelle intense, un rôle de mère à côté et la lourde fatigue qui s'installe.
À 37 ans, trois enfants, un emprunt à payer encore quelques années, je stoppe tout. Et je fais un bilan de compétences.
Sur le papier, c'est un outil RH classique : analyser ses compétences et motivations, définir un projet professionnel, parfois un projet de formation. Dans ma tête, ça a pris l'allure d'un verdict.
Est-ce que je peux vraiment vivre de ce que j'aime ?
Ce que j'aime, c'est l'art sous toutes ses formes. Et pour mon futur métier, je voulais réunir deux choses qui ne se quittent jamais chez moi : la création visuelle et l'écriture.
Se lancer, ce n'est jamais aussi simple qu'on le raconte après coup.
Le manque de temps quand on est salariée, la lourdeur administrative qu'on imagine (souvent à tort, souvent à raison), l'absence de réseau, la peur de se planter. Je les ai tous eus, ces freins-là. Même en étant déterminée.
Je me suis renseignée, j'ai fait une formation à distance pour avoir les bases puis je me suis perfectionnée dans une école exigeante : Grafipolis. La formation, je l'ai avalée. Major de promo, CQP et CRG en poche, et fière, très fière, pas peu fière du tout.
Depuis, je continue à me former. Toujours. Parce qu'un métier qui a du sens, ça s'entretient: vous pouvez découvrir mon parcours complet ici.
Ce que je fais aujourd'hui, ça s'appelle l'effet Waouh.
C'est le moment où un client déjà satisfait par une marque se retrouve totalement conquis par quelque chose d'inattendu — un produit, un service, une communication qui dépasse ce qu'il espérait. C'est ce qui fidélise vraiment, au-delà de la simple satisfaction. J'y crois, j'y ai toujours cru, et c'est ce que je mets dans chaque projet.
Alors non, ce n'était pas un chemin tout tracé. Mais si vous êtes en train de vous poser les mêmes questions que moi à 37 ans (ou plus, ou moins) : est-ce que je peux vivre de ce que j'aime vraiment, sachez juste une chose : ça se fait.
Pas du jour au lendemain, pas sans détours, mais ça se fait.
Un projet en tête ?
Une reconversion qui vous trotte dans la tête vous aussi ?
Claire, La Louve des Bois.